Dessins

Des dessins de Klaus Grünewald et de Sammy Rubinstein, fait pendant 1942/1943

Ce dessin fut une grande surprise pour moi. C’est un dessin fait par mon copain d’échecs Sammy Rubinstein, (à Bassines Pierre de Ruyter). J’ai essayé de le trouver aussi pour la réunion, mais je n’ai pas réussi. Il parlait souvent de son père, un fameux joueur d’échecs et un jour il m’a montré un jeu que son père avait joué et gagné après avoir sacrifié ces deux tours et sa dame! Ce jeu célèbre est connu sous le nom „L’Immortel de Rubinstein“

Un jour en 1995 je lis dans mon journal dans la rubrique d’échecs un article sur ce jeu. J’ai pris contact avec le journaliste et je lui ai demandé s’il savait l’adresse de son fils Sammy. Il le connaissait car il avait encore joué avec lui quelque temps avant et il m’a donné son adresse.

Je lui ai écrit et quand il m’a répondu il avait inclus son dessin de moi, qu’il avait fait pendant la leçon de dessin en printemps 1943. Puisque je ne savais pas bien dessiner je disais au professeur que je voulais bien poser comme modèle. Heureusement que Sammy n’était non seulement un bon joueur d’échecs mais aussi un bon dessinateur. Pendant une rencontre à Bruxelles dans un restaurant où nous avons dîné ensemble il me racontait qu’il a souffert de neurasthénie et qu’il avait été traité en Hollande à Amersfoort dans une clinique juive. Puisque il aimait dessiner et aussi peindre on lui a conseillé de peindre des tableaux ce qui a aidé à sa guérison. Après le dîner je suis allé avec lui à sa maison pour regarder ses peintures. Il ne peignait que de belles femmes après des photos. Je pouvais choisir un de ses tableaux et j’ai choisi un coucher de soleil à la Côte d’Azur, peint après une carte postale, le seul tableau sans femme.

Un dessin de Klaus Grünewald. Le même dessin se trouve aussi dans le livre "Les larmes sous le masque" de Viviane Teitelbaum-Hirsch.

On voit madame van Liefferinge qui s’occupe des petits enfants dans le dortoir. Cette dame est la mère de George et elle est une Anglaise d’origine. Elle parlait le français avec un terrible accent. C’est George qui m’a envoyé les copies des dessins en 2006. C’est lui qui se rappelle encore beaucoup du pensionnat.

Il existe un petit bouquin avec des croquis de Klaus qui doit se trouver au Musée Juif à Bruxelles. Klaus Grünewald a aussi fait des peintures, mais hélas il les a tous abîmées lui-même pendant un moment névrotique.

Je crains que les croquis de Bassines soient les seuls œuvres de Klaus qui existent encore.

Un croquis du château parmi les champs et les bois.

Ce croquis de Klaus Grünewald, notre professeur de dessin à Bassines, montre un bavardage animé dans le grand salon avec monsieur Cougnet assis sur la chaise. On voit aussi quelques professeurs et deux de ses trois fils. Le nom de guerre de Klaus était Maurice Torfs. D'origine Allemand, il avait reçu sa formation artistique en Hollande. il parlait donc courament le Hollandais. A Bassines étaient aussi ses deux soeur, Margot et Laure, (notre infirmière). Margot et moi étaient de bons amis à Bassines, mais surtout après 1994. Elle habitait aux E.U. à Ann Arbor. Elle est morte en 2006.

Dans la chambre de madame Van Liefferinge quelques professeurs écoutent l'emission française de radio Londres. Au milieu sur le canapé monsieur Brancard, professeurs de langues classiques.

Un Très joli croquis de Klaus, fait pendant un bavardage animé dans le coin du grand salon au Château. On voit l’ameublement, les chaises en style antique, les peintures et les grandes fenêtres. On aperçoit sur le banc de g. à dr. Monsieur Cougnet avec pipe, Madame van Liefferinge, Monsieur Sas. Debout contre la fenêtre Mademoiselle Marcelle Burette, sur les chaises monsieur Brancard, professeur langues classiques, Monsieur Frenel, (Frenkel) et monsieur Pappy, professeur de math. Monsieur Sas et Madame Frenel (pas sur ce croquis) étaient (je crois) père et fille mais en tout cas famille. Monsieur Sas jouait souvent du piano comme un grand artiste, j’entends encore son rapsodie Hongroise de Liszt. Magnifique!

Monsieur Frenel (vrai nom Frenkel) était Hollandais de Rotterdam. Madame Frenel s’appelait von Hamburg, elle était veuve, mais Mr. Frenel était son mari ou partenaire. Elle avait un fils, Lucien, un peu plus âgé que moi, que je trouvais très gentil, puis deux filles. Toute la famille Frenel a été déporté à Auschwitz. Seul les deux filles l’ont survécu.

Après leur retour elles se mariaient, une, Claudine, avec André (Pouss) Cougnet et une avec Monsieur Brancard. En 1992 j’ai eu une rencontre chez Pouce et Claudine. Il m’a donné l’adresse de Monsieur Brancard, hélas, il ne voulait plus rien entendre ou parler au sujet de la guerre, ce que j’ai regretté beaucoup. Ils ont une fille qui est très musicale et qui a gagné le concours Reine Elisabeth, je crois en violon.
Je sais que Monsieur André Cougnet est mort en 1997. Après je n’ai plus eu contact avec Claudine.
A plusieurs occasions j’ai essayé d’avoir contact avec monsieur Pappy, mais il s’excusait car il était trop occupé. Il était professeur à l’Université libre de Bruxelles en math.
Avec Marcelle Burette j’ai une correspondance vive. Au début de cette année elle m’a écrit qu’elle était bien malade. Je lui ai écrit une lettre mais je n’ai pas eu de réponse. Je crains qu’elle ne vive plus.

Le chien a Bassines, l'ami de tous les eleves, s'appelle Rico. Il boitait mais il dormait souvent.

Autoportrait de Klaus Grünewald

Thérèse Cornips, l'ancienne épouse de Klaus, m'envoyait cette copie de son autoportrait, dessiné en 1948.